vendredi 3 janvier 2014

The Decline, la baffe rock & punk made in Rennes

Nouvelle (enfin pas tout à fait non plus, le groupe existe depuis 2009) sensation punk-rock rennaise, The Decline fait l'unanimité auprès de tous ceux qui ont l'occasion de porter une oreille sur leur premier album Broken Hymns for Beating Hearts. Et ce n'est pas difficile de comprendre pourquoi. Un tel rock intense, aux échos punk bercés de mélodies celtico-irlandaises, ce n'est pas une spécialité bretonne. Certes, du punk celtique, on sait ce que c'est de par chez nous. Mais ce genre de combinaison, c'est plutôt une spécialité anglo-saxonne. Pensez Born to Lose (les tristement disparus punks texans), The Pogues, Social Distortion... Un punk-rock (ou un rock punk, c'est comme vous le sentez) qui prend aux tripes, où les fiers hymnes se bousculent avec des titres plus intimes. Ce qui ressort toujours, c'est la puissance et la sincérité des textes et de la musique. Quelque chose de viscérale. La voix granuleuse et passionné de Kevin, qui parle d'amour déçu, du bitume, d'intégrité, y est pour beaucoup (on pense parfois d'ailleurs un peu à Schultz de Parabellum). Combiné aux rythmes entraînant de ses quatre compères (Ced à la basse, Goose et Xavier aux guitares et David à la batterie), cela donne l'un des meilleurs albums issus du Vieux Continent de ces dernières années. Le LP (avec une très belle pochette de Poch) en est déjà à son second pressage, alors grouillez-vous de mettre la main dessus ! 
Pour écouter, c'est ici.


mardi 8 octobre 2013

Wanted : punk breton 1977-1990

Je suis à la recherche de matériel sonore et iconographique concernant la scène punk (au sens large) bretonne de 1977 à 1990 (voir un peu plus tard - mais surtout cette période là).

Si vous avez joué dans un groupe, si vous avez des démos, des cassettes de répéts, des photos, des flyers, des fanzines etc. couvrant cette période, merci de me contacter ! Tout cela sera utilisé pour un projet en cours dont je reparlerai prochainement dans ces pages.

Un grand merci d'avance à tous ceux qui pourront me filer un coup de main !

dimanche 8 janvier 2012

lundi 5 décembre 2011

Les Red Butters, contre la France

Un combo bien jeune de punk, aussi vite disparu qu'il n'était apparu, qui aura tout de même eu le mérite de sortir une démo sur laquelle figure un morceau au titre pour le moins sympathique : "J'emmerde la France". Bon, à l'écoute on ne prétendra pas comprendre ce que le groupe raconte (c'est difficilement audible), mais le refrain correspond en tout cas bien au titre !
Le défunt Georges L. Jouin avait été le premier à semer les graines avec son "o ya me 'lar deoc'h fuck 'vit re Vro-C'hall" (sur la chanson "N'on ket ganet 'ba Memphis"), nulle doute qu'il aurait été bien content de voir les générations suivantes prendre la relève...

jeudi 1 décembre 2011

Trouz an Noz, du boucan la nuit pour réveiller les consciences (bretonnes)

Avec un seul album sous les bras (et une démo 8 titres sortie en 2008, Tan), Trouz an Noz est rapidement en train de s'imposer comme une figure incontournable de la scène punk bretonne. Le groupe ne sort pas tout à fait de nulle part, vu que l'on retrouve Nico (ex-Melmor, ex-Nevrotic Explosion) à la guitare. Un gratteux connu pour ses positions radicales qui trouve l'occasion dans ce nouveau combo de parler révolte, lutte sociale et, bien évidemment, Bretagne.
L'aventure du groupe commence, à la manière des Bérus, à deux, Nico s'adjoignant l'aide de Mathieu (chant) pour former le groupe. La comparaison béruriére est doublement pertinente, vu que nos deux lascars misent sur la boite à rythme pour fournir les boum boum nécessaires pour maintenire la cadence. Rapidement, le duo va s’agrandir pour prendre sous ses ailes Jé (DJ - on comprend lorsqu'on les voit en concert) ainsi que Rivanon et Annaig pour faire les backups. Pas de bass, pas de batterie donc, mais cela n'empêche par Trouz an Noz de délivrer un punk électriques qui n'a rien de minimaliste. Et qui, surtout, dépote sacrément question texte et pêche. Utilisant tout aussi bien le Français, que le Breton ou le Gallo, le groupe affirme clairement sa démarche vis à vis de la défense des langues minorisées (on parle bien évidemment du Breton et du Gallo - mais bon, tout le monde l'aura compris j'espère !). Les paroles vont tout aussi bien des enfants soldats du Soudan (Bugel ar Gwad), la police (leur "hit" Polis Peplec'h, déjà présent sur la compile Rock e Breizh de Mass Prod), la religion (Dieud Dizoue) ou encore la lutte en Guadeloupe (LKP), rappelant à juste titre que "Guadeloupe/ Breizh memes stourm eo".
Si leur premier album, Chome Taï !, sorti en 2010, débouche sacrément les orifices de vos enceintes, le groupe prend encore plus de sens lorsqu'on le voit live. Les cinq compères (et non, on ne dira pas "et commères" histoire de faire dans la parité) se donnent à fond sur scène et fournissent un "show" construit aussi autour d'images, photos et films qui défilent en même temps que les chansons. De là à dire que Trouz and Noz est le Pink Floyd du punk...
N'hésitez pas à aller visiter le site du groupe ici pour en savoir plus et vous tenir au courant de leurs prochains concerts et, si ce n'est pas encore fait, ruez vous sur leur album, distribué par Coop Breizh et coproduit entre Folklore de la Zone Mondiale (on revient de nouveaux aux Bérus), General Strike, Lorspider Production (en fait, une émanation du FZM) et Trouz an Noz Pladennou.
On vous laisse sur le premier clip du groupe, Unan All.

lundi 14 novembre 2011

Rencontre avec un violeur


Interview de Sam du groupe Viol
(avec un problème de police qui fait que ce papier ne ressemble pas aux autres...aahhh la technologie !)

Après la petite présentation de la démo de Viol, il semblait de bon ton de faire plus ample connaisseur avec le groupe....

Quand et pourquoi avez-vous commencé à jouer ?
Salut moi c’est Sam le leader de Viol ! On a commencé début 2009 je crois, au début pour faire un groupe de thrash dans la veine des premiers Sodom, Kreator… On faisait des reprises, genre « Outbreak of evil », « Tormentor », une de Nihilist aussi si je me souviens bien, et des tentatives géniales genre Schizo (j’avais réussi à trouver qu’un seul riff de la chanson « Make her bleed slowly », donc ça donnait un truc assez fantastique). Ca a pas duré super longtemps cette période, on avait la fâcheuse tendance de beaucoup trop picoler aux répètes donc ça finissait par rendre n’importe quoi, en plus je me niquais la voix vu que j’essayais à tout prix de chanter comme Cronos, tu parles d’une affaire. Et puis au début, Victor ne savait pas jouer de batterie, donc il a fallu un certain temps avant que l’on arrive à vraiment jouer ensemble.

Une formation punk-rock à deux, ce n'est pas courant, est-ce par choix ou parce que vous ne réussissiez pas à trouver d'autres musiciens ?
Ben, le truc c’est qu’à la base, Victor et moi on est hardos, donc on avait pas spécialement de potes punk, même si j’ai toujours écouté des trucs du genre je pensais pas monter un groupe de punk au début. On a essayé de prendre un mec à la basse au tout début, mais pour être franc ça me cassait les couilles un mec qui donne son avis sur mes riffs tout le temps, enfin je voulais faire ce que je veux quoi. On a aussi eu un autre bassiste qui a fait une partie d’un concert avec nous, mais je me suis là aussi rendu compte que je préférais jouer juste avec Victor.


Dans le genre provo, votre nom est particulièrement bien trouvé. Mais après réflexion, vous auriez pu faire plus fort. Pourquoi ne pas avoir misé sur Gestapo Orgy, SS Viol ou Buchenwald Partouze ?
Je trouve que Viol tout seul ça sonne mieux, je sais pas. Quand on s’essayait au thrash, je voulais qu’on s’appelle WITCH SS, en hommage à DEATH SS, un pur groupe Italien. Une riche idée, vu la culture des métalleux de la région y aurait eu que trois clampins qui auraient capté ça. Finalement on a décidé de faire un truc chanté en français, donc il a fallu trouver un nom français, et Viol s’est imposé de lui-même, c’est terrible comme nom. 

Vous semblez entretenir des rapports conflictuels avec la gente féminine. Des histoires de coeur brisée se cachent-t-elles derrière des chansons comme Casse toi ou Viol ? Ne craignez-vous pas maintenant de faire fuir à tout jamais toutes les filles de la région ?
Victor a compris la leçon, il s’est exilé dans les alentours de Saumur et est entré chez les compagnons du devoir. Pour les textes, ben la plupart c’est moi qui les ai écrits, et on va dire qu’au début on était plus barré dans le délire déglingos vulgaire, mais au bout d’un moment ça lasse, hélas. Du coup j’ai réfléchi deux minutes et je me suis dit que ma bonne vieille vie de branleur était bien stylée, et que j’allais écrire des chansons d’amour. Et puis, les filles m’ont tout le temps fui de toute façon, alors que je fasse un truc comme ça ça changeait rien, je suis un philosophe incompris bordel de merde, je l’ai toujours pensé. 

En dehors de ces titres particuliers, comment définiriez-vous vos autres chansons ?
Bof bah je sais pas, les paroles on les comprend plus ou moins, des retours que j’ai eu. En gros c’est de la musique de mec de 18 ans quoi, les paroles je les écrivais en dix minutes en général, j’essayais de trouver des p’tites rimes et ça roule, en gros je parle d’amours ratées, y a une chanson que Victor a écrit sur sa sœur, une bourgeoise de gauche gerbante, sinon ça parle à peu près toujours de la même chose, de wam qui n’arrive à pas grand-chose.


La scène punk nantaise est très dynamique, quels rapports entretenez-vous avec les autres groupes de la ville ? 
Assez mal, sale affaire… Non ça roule, nous de toute façon on a joué que trois fois et c’était pas vraiment avec des groupes de punk haha. Y a l’album des Headliners qui vient de sortir par contre, c’est la champion’s league du punk français ! Nous on préférait la CFA de toute façon. Sinon y a pas mal de gars rageux et de hipsters ici, c’est fun ! 

Comment a été reçu reçu votre première démo ?
En fait on en avait sorti une première en mai 2010, une cassette avec une pochette terrible. Hélas le son était bien trop novateur pour le monde actuel, du coup tout le monde s’en est sacrément battu les couilles. Alors que j’ai réécouté y a quelques jours, et le concept du punk ultra lent avec une voix similaire à une crust bourrée qui tente de chanter le plus aigu possible est terrible ! Dans celle qui est sur l’internet y a trois morceaux qui étaient sur la cassette d’ailleurs, « Viol », « Toujours rien à foutre » et « Rupture ». En tout cas on peut pas dire que ça ait été une réussite commerciale TOTALE, mais presque ! Y a un mec qui m’a demandé si je pouvais lui la filer l’autre jour. D’ailleurs t‘as découvert comment toi ?

Chez mon disquaire préféré, tout simplement. Quels sont vos projets question concerts et productions ? Un disque ou une nouvelle démo en vue ?
Hélas pas de projet pour le moment puisqu’on est en stand-by à durée très indéterminé, je ne peux plus voir Victor que tous les trois mois donc on va dire que vu notre niveau c’est pas hyper évident de gérer un truc à distance (ça me rappelle une ex). On verra, on est très tranquillement en train de monter un autre groupe là, avec d’autres types.

Le mot de la fin ?
Y-a le cd de Viol au magasin Born Bad, à Paname ! Sinon, merci à toi, ça fait bien plaiz. Bisous aux amis de Nantes, et de toutes les villes roses de France. Un bon gros vieux big up à la Viol security, et aux ptites putes garageuses de Nantes qui m’ont mis des rateaux !

samedi 5 novembre 2011

IMG du Gallo plein les oreilles


Après Trouz an Noz (on en reparlera, en attendant, ruez-vous sur leur premier album !), voici un nouveau groupe "de la scène" à chanter en Gallo. Excellente initiative, on ne saura jamais trop le dire ! IMG est présenté sur le label qui les édite, les incontournables Mass Productions, comme du "ska-punk fest-noz entre Fishbone, Les Ramoneurs de Menhirs et Bob Marley !". Sur papier (pardon, sur écran) cela sonne bien, mais en réalité leur premier album Interdit de cracher Gallo tire beaucoup plus sur le ragga tendance bal musette saupoudré de ska que sur les tendances fusionnelles des premiers ou les riffs de guitares bruyants des seconds. Ce qui n'est pas un crime, loin s'en faut, mais qui ne manquera pas de surprendre l'habitué des productions Mass Prod. Par contre, on ne peut qu'être d'accord avec l'aspect festif qui ressort des 12 titres, qui tournent autour de la situation politique et sociale en Bretagne (le titre qui ouvre l'album est clair : Bertayen libr - Bretagne libre pour ceux qui n'auraient pas compris), à la beur-r (La Beu-R - evel just !), à la lutte anti-OGM (Faucheurs volontaires) et ces gast de touristes qui nous saoulent chaque été (Les touristes). Se basant pour leurs différentes compositions sur des airs traditionnels modernisés et arrangés pour l'occasion, le groupe livre aussi une reprise tout à fait méconnaissable du classique Dans les prisons de Nantes. Ce qui ressort le plus fortement de tout ça, c'est que le Gallo sied délicieusement aux chants ragga de "MC Gur" Molac. De quoi, on l'espère, donner des idées à d'autres...
Tout ça pour dire que c'est du bon travail et que si vous en avez marre d'animer vos soirées cacahuètes-jus d'orange avec Wham, ruez-vous sur cet album, vous vous ferez de nouveaux amis. Et vous soutiendrez en plus une initiative sacrément originale. C'est ça le double effet Gallo !